La veille de Noël 2022, j’ai ressenti un essoufflement brutal dont je ne me suis remis qu’au bout de trente minutes. Les semaines suivantes, ma santé s’est dégradée rapidement : je ne pouvais plus faire le moindre effort sans suffoquer. Hospitalisé en février 2023, les médecins ont découvert une inflammation pulmonaire sévère et inexpliquée qui détruisait progressivement mes deux poumons. Les traitements échouaient, je perdais du poids, mes muscles fondaient, et je dépendais d’un débit d’oxygène toujours plus élevé.
Le 15 mars 2023, j’ai été transféré en urgence à l’hôpital Marie Lannelongue. Deux jours plus tard, on m’a annoncé qu’un greffon compatible était disponible. Dans la nuit du 18 au 19 mars, j’ai été transplanté en extrême urgence. À mon réveil, encore dans le flou, j’ai compris que j’étais vivant. La bataille n’était pas terminée, mais j’avais une seconde chance.
La rééducation a été longue et douloureuse, mais j’ai retrouvé peu à peu mes forces. Le vélo d’appartement est devenu mon premier souffle de liberté. De retour chez moi fin avril 2023, j’ai installé un home trainer et j’ai recommencé à pédaler chaque jour. L’effort me faisait du bien, physiquement et mentalement.
Quelques mois plus tard, une nouvelle épreuve est arrivée : une sténose bronchique sévère. J’ai subi de nombreuses bronchoscopies, dilatations et la pose d’une prothèse. Les douleurs thoraciques étaient constantes, mais je continuais à m’entraîner, car le vélo était devenu essentiel à mon équilibre.
En 2024 et 2025, les complications se sont enchaînées : infections, ajustements de prothèse, cures d’immunoglobulines, fatigue chronique. Malgré tout, je suis resté déterminé. Le sport m’a permis de garder un cap, de reconstruire mes muscles, d’améliorer mon souffle et de préserver mon moral. J’ai investi dans du matériel, structuré mes entraînements, et progressé jour après jour.
Au fil des mois, les résultats médicaux se sont améliorés. Ma prothèse tenait en place, mes tests respiratoires étaient excellents, et les visites à l’hôpital se sont espacées. J’ai continué à m’entraîner, parfois avec douleur, parfois avec fatigue, mais toujours avec la même volonté : avancer.
Aujourd’hui, je poursuis ma reconstruction. Le vélo est devenu bien plus qu’un sport : c’est mon outil de survie, ma thérapie, mon moteur. Je me prépare à reprendre la route dès que les conditions le permettront. Je sais que ma santé reste fragile, mais je sais aussi que je suis capable de me relever, encore et encore.
Cette histoire, c’est celle d’un combat, d’une renaissance, et d’une passion qui m’a permis de retrouver le souffle — au sens propre comme au figuré.